Le système des rites en Islam

Le système des rites en Islam

REGARD GENERAL SUR LES RITES(1) – Étude sur le contenu du culte islamique et sur son rôle dans le perfectionnement de l’homme – L’Adoration est un besoin permanent de l’homme Les rites jouent un rôle essentiel dans l’Islam. Leur réglementation constitue une partie importante de la Charia(2); le comportement rituel est un phénomène notable dans […]

  • Sayyed Mohammad Bâqer al-Sadr
Le système des rites en Islam
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    REGARD GENERAL SUR LES RITES(1)

    - Étude sur le contenu du culte islamique

    et sur son rôle

    dans le perfectionnement de l'homme -

    L'Adoration est un besoin permanent de l'homme Les rites jouent un rôle essentiel dans l'Islam. Leur réglementation constitue une partie importante de la Charia(2); le comportement rituel est un phénomène notable dans la vie quotidienne d'un pratiquant. Le système des rites constitue un aspect immuable de la Charia qui n'est affecté dans sa pratique ni par la tendance générale de la vie de l'époque ni par les circonstances nouvelles crées par le progrès technique alors que d'autres aspects de la Charia sont adaptables, quant à leur méthode d'application, aux circonstances découlant du progrès. Il en va ainsi, par exemple, du système des transactions et des contrats. Ainsi, du point de vue de l'adoration même, l'homme du vingtième siècle prie, jeûne et s'acquitte du pèlerinage exactement de la même manière que son ancêtre de l'âge du moulin manuel. Il est vrai, toutefois, que l'aspect civil des préparatifs d'un rite peut différer de l'un à l'autre. Car l'un voyage en avion pour se rendre aux lieux du Pèlerinage, alors que l'autre se déplaçait à dos de chameau. Cependant, le culte reste identique à lui-même. La nécessité de son accomplissement reste constante. Cela signifie que la Charia n'a pas prescrit la prière, le jeûne, le pèlerinage et les autres rites pour une durée limitée aux conditions d'une époque. Ces rites restent aussi valables pour l'homme qui a appris à utiliser l'énergie atomique que pour celui qui laboure son champs à la pioche. Nous en déduisons que le système des rites répond à un besoin de la vie de l'homme, qui est permanent et indifférent à l'évolution continue du mode de vie - une prescription permanente répond en effet à un besoin permanent. A ce stade une question se pose: existe-t-il réellement un besoin qui n'est pas varié, depuis que la Charia a commencé son rôle édificateur jusqu'à nos jours, pour que nous puissions justifier, à la lumière de sa constance, la fixité des formes par lesquelles cette Charia y répond? On pourrait penser, de prime abord, que l'affirmation d'un tel besoin permanent ne serait pas acceptable car nous voyons que l'homme s'est constamment éloigné des conditions de la société tribale où est apparue la Charia, des problèmes du paganisme et de ses soucis et aspirations limités. Une telle distanciation a provoqué un changement fondamental dans tous ses besoins, ses préoccupations et exigences, et finalement dans sa manière de traiter et d'organiser la satisfaction des besoins. Si des rites comme la prière, les ablutions, et le jeûne furent utiles à un certaine étape de la vie du bédouin, améliorèrent sous comportement, son souci de propreté corporelle... etc, il se trouve que ces mêmes objectifs sont atteints par l'homme moderne par l'organisation même de sa vie sociale. Ainsi les rites pourraient n'être plus nécessaires et ne plus jouer un rôle susceptible de résoudre ses problèmes de civilisation. Cette vision des choses est erronée car le progrès social ne fait que transformer la relation entre l'homme et la nature. Les rites ne constituant pas une relation entre l'homme et la nature, ils demeurent «non affectés» par un tel progrès. Les rites constituent une relation entre l'homme et son Seigneur, relation que comporte un aspect rejaillissant sur la relation entre l'homme et son semblable. Dans le domaine de ces deux relations essentielles, nous constatons historiquement que l'humanité éprouve un certain nombre de besoins constants: 1- Le besoin d'être relié à l'absolu; 2- Le besoin de l'objectivité dans l'accomplissement et le dépassement de soi; 3- Le besoin d'un sentiment intime de responsabilité qui garantisse l'exécution. Voyons plus en détail ce qu'impliquent de tels besoins. 1- Le besoin d'être relié à l'Absolu: Le système rituel est une façon d'organiser le côté pratique de la relation entre l'homme et son Seigneur. a) Quelle est la valeur de la relation entre l'homme et son Seigneur pour la marche évolutive de l'homme? Cette valeur est-elle temporaire, répondant à un besoin provisoire ou limité et perdant son sens à la fin d'une telle étape relative? b) Quel rôle des rites remplissent-ils dans cette relation? Voici un résumé de l'explication que nécessitent ces questions: Le lien à l'absolu est un problème double. L'observation attentive des faits historiques peut nous permettre de conclure que les problèmes s'y posant son variés et que les soucis s'y exprimant sont multiples dans leurs apparences (formations). Pourtant, si nous allons au-delà des apparences (formations), jusqu'au coeur même des problèmes, nous découvrons un problème permanent et essentiel, recélant deux aspects opposés, dont l'humanité souffre depuis toujours. C'est, d'une part, la croyance en (l'attitude de) l'anéantissement et du non-être, et, d'autre part, l'attitude de l'identité et de l'appartenance, qui rend absolus des faits relatifs. La Charia donne le nom d' «athéisme» à la première attitude, et celui d' «associationnisme» (chirk) à la deuxième. La lutte continuelle de l'Islam contre l'athéisme et le chirk constitue un combat contre ces deux problèmes dans leur dimension historique. Les deux attitudes se rencontrent en un point essentiel (ou commun): entraver le mouvement évolutif. L'attitude du non-être, de la perdition, signifie pour l'homme qu'il est un être en perdition constante, n'appartenant point à un absolu sur lequel il pourrait s'appuyer pour trouver aide et vision claire du but et associer son mouvement à celui de toute l'existence. Ce mouvement vers l'anéantissement est un mouvement au hasard comparable à celui d'une plume emportée par le vent. La plume est influencée par des facteurs qui lui sont extérieurs sans pouvoir jamais influencer quoi que ce soit. Il n'y a pas d'accomplissement dans la marche historique de l'homme sans une relation à un absolu. Mais cette dernière relation peut nous mener, par ailleurs, à l'autre attitude qui guette constamment l'homme: celle qui érige le relatif en absolu. L'homme lie sa soumission à une sauve (se soumet à une cause) de sorte que cette appartenance lui permette de se d'avancer continuellement, mais sa loyauté se seize graduellement et perd de vue les circonstances relatives dans lesquelles elle se trouve être juste. L'esprit humain en déduira un «absolu» sans limite pour la réponse à ses demandes. Dans la terminologie religieuse un tel «absolu» se transforme en un dieu adoré au lieu d'un besoin demandant à être satisfait. Quand le relatif se transforme en un «absolu», en un dieu de cette sorte, il devient un facteur d'encerclement du mouvement de l'homme, il gèle ses capacités propres à créer et à se développer et il paralyse sa marche: «Ne place point une divinité à côté de Dieu, sans quoi tu serais honni et abandonné!» (Coran, 17: 22) Ceci est un fait réel s'appliquant à tous les dieux que l'humanité a créés durant l'histoire, que ce soit du temps de l'adoration idolâtre ou dans les temps postérieurs. De l'époque des tribus à celle de la science, nous trouvons une série de dieux qui empêchèrent les hommes qui les adoraient d'accomplir un progrès précis. L'homme faisait ainsi donner (ainsi l'homme donnait) son alliance à la tribu. C'était un besoin affectif dicté par ses circonstances de vie particulière (les circonstances particulières de sa vie. Mais il exagéra, faisant un absolu de cette tribu, devenant incapable de voir les choses autrement que par le biais de son clan. Ainsi la tribu devint un obstacle dans la voie de sa progression. L'homme moderne donne légitimement son alliance à la science qui éclaire pour lui le chemin menant au contrôle de la nature, mais il exagère parfois son attachement, en faisant une alliance absolue. Il en vient à adorer la science, refusant pour l'amour de son «Dieu-Science» tout idéal en fait ne pouvant être mesuré ou observé au microscope. Toute chose relative, donc limitée, lorsqu'elle devient un absolu se transforme, au moment de la maturité intellectuelle, en une bride pour l'esprit qui en a fait un dieu. Cependant la marche humaine vers l'avant requiert un absolu! Cela doit être un véritable absolu, capable d'englober et de dominer la marche évolutive, de la maintenir sur le droit chemin quelque soit son degré d'avancement et d'effacer

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