Abou Bakr, le premier calife

Abou Bakr, le premier calife

L’Election à Saqîfah Alors que l’irréprochable lieutenant du Prophète d’Allah était occupé aux préparatifs de l’enterrement du défunt, les Muhâjirîn de la Mecque et les Ançâr de Médine faisaient parade de leurs mérites respectifs à Saqîfah. Les Muhâjirîn réclamaient pour eux la préférence en raison de leur antériorité dans l’Islam, leur parenté avec le Prophète […]

  • Citant al-Hassan al-Baçrî, Ibn Sa`d
Rate this post
about this book
  • overview

    L'Election à Saqîfah Alors que l'irréprochable lieutenant du Prophète d'Allah était occupé aux préparatifs de l'enterrement du défunt, les Muhâjirîn de la Mecque et les Ançâr de Médine faisaient parade de leurs mérites respectifs à Saqîfah. Les Muhâjirîn réclamaient pour eux la préférence en raison de leur antériorité dans l'Islam, leur parenté avec le Prophète et leur émigration avec lui au risque manifeste de leur vie et de leurs biens. Les Ançâr firent valoir (par la voix de leur porte-parole, Hobâb) qu'ils avaient autant de droit que qui que ce fût, vu qu'ils avaient accueilli le Prophète lorsqu'il avait fui ses ennemis mecquois, qu'ils l'avaient protégé au moment de l'adversité et qu'ils l'avaient aidé en tenant tête à ses puissants adversaires, ce qui lui avait permis en fin de compte d'établir sa force et son autorité éminentes. Ils alléguèrent même qu'ils craignaient qu'on se vengeât (La vengeance était presque un principe religieux parmi les Arabes. Venger un parent tué était un devoir pour sa famille, et ce devoir menait souvent l'honneur de sa tribu en jeu. Et ces dettes de sang demeuraient parfois impayées pendant des générations, provoquant des conflits meurtriers". Gibbon fait remarquer que les Arabes menaient une vie marquée par une intention criminelle et par le soupçon, parfois pendant cinquante ans avant que les comptes de la vengeance ne fussent réglés) d'eux si l'autorité tombait entre les mains de ceux dont ils avaient tué les pères et les frères en défendant le Prophète. (Il est à noter ici que c'est dans ce propos que réside le fond de la tragédie de Karbalâ' dont parlait Hobâb, un porte parole prudent et à l'esprit alerte, des Ançâr. Ses craintes s'avéreront justifiées lors du massacre vengeur de la descendance de Ali ou du Prophète - dont un bébé de six mois - à Karbala', et lors des crimes hideux perpétrés contre les Ançars à Harra). Lorsque Hobâb exprima cette opinion, `Omar répliqua avec indignation : "Vous devriez mourir si le Califat tombait entre les mains de telles gens que vous craignez". Pour réfuter les revendications des Ançâr, `Omar dit: "J'ai désiré moi-même faire un discours que j'avais spécialement élaboré dans mon esprit - ayant présumé qu'Abû Bakr manquerait l'occasion - mais Abû Bakr m'a arrêté et j'ai pensé alors qu'il n'était pas convenable de désobéir au Calife deux fois en une seule journée. Toutefois, à mon grand soulagement, je l'ai trouvé à la hauteur de la tâche. Il argua que les Quraych ne niaient pas les services rendus par les Ançâr pour promouvoir la cause de l'Islam, mais malgré tous ces services méritoires, ils ne devaient pas croire avoir un titre quelconque pour aspirer à une entière autorité sur les Quraych. Concernant les appréhensions dont avait parlé Hobâb, ils ne devaient pas, dit-il, avoir de telles craintes, surtout en raison de la possibilité qui leur était offerte de participer au gouvernement, par le poste de Ministère. Les Ançâr dirent alors qu'il acceptaient qu'il y eût deux Califes, représentant les deux parties, pour exercer l'autorité conjointement, et ils nommère même Sa`d Ibn `Obâdah, leur dirigeant, pour être leur élu. Mais Abû Bakr et son parti ne pouvaient d'aucune façon approuver une telle proposition, et persistèrent à affirmer que le gouvernement devait rester entre les mains des Quraych, et que les Ançâr devaient se contenter du Ministère. a

  • details
    • Citant al-Hassan al-Baçrî, Ibn Sa`d
  • reviews