Sourate 53 : L’étoile – سورة النجم
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6. doué de sagacité; c’est alors qu’il se montra sous sa forme réelle [angélique],

Ibn Abbas (que Dieu agrée le père et le fils) dit : « dhou mirratin » signifie : d’une belle apparence.

Qatada dit : à la taille haute et belle.

11. Le cœur n’a pas menti en ce qu’il a vu.

Une tradition rapportée par Tabari précise qu’il fut demandé à l’envoyé de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) s’il avait vu Dieu : <<Oui, répondit-il avec mon cœur >>.

13. Il l’a pourtant vu, lors d’une autre descente

Masrûq (que Dieu lui fasse miséricorde) a dit : Un jour que j’étais accoudé chez ‘Aïcha, elle me dit : « Ô Abou ‘Aïcha! Trois choses, quiconque prétend l’une d’elles aura forgé un grand mensonge sur Dieu ».
Je lui dis : « Lesquelles? ».
– « Quiconque prétend que Muhammad, (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a vu son Seigneur, aura forgé un grand mensonge sur Dieu ».
Etant appuyé sur mes coudes, ajouta Masrûq, je me mis sur mon séant et dis : « Ô Mère des Croyants! Donnez-moi du temps (pour comprendre) et ne me pressez pas : Dieu, l’Exalté, n’a-t-Il pas dit : {Il l’a effectivement vu, au clair horizon} (81/23), et {Il l’a pourtant vu, lors d’une autre descente} (53/13).
– Parmi les gens de cette Communauté, répondit-elle, j’étais la première à poser cette question à l’Envoyé de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) qui m’avait alors répondu : « Il s’agit de Gabriel que je n’ai vu sous sa forme originelle que deux fois : dont une fois quand je l’ai vu descendre du ciel couvrant de sa grande stature tout ce qui se trouve entre le ciel et la terre ».
Puis, ‘Aïcha ajouta : N’as-tu pas entendu ce verset que Dieu a révélé à Son Prophète : {Les regards ne peuvent l’atteindre, cependant qu’Il saisit tous les regards. Et il est le Doux, le Parfaitement Connaisseur}.
N’as-tu pas non plus entendu ce verset : {Il n’a pas été donné à un mortel que Dieu lui parle autrement que par révélation, ou de derrière un voile, ou qu’Il (lui) envoie un messager (Ange) qui révèle, par Sa permission, ce qu’Il (Allah) veut. Il est Sublime et Sage.}
‘Aïcha poursuivit : Quiconque présume que l’Envoyé de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) avait caché quoi que ce soit du Livre de Dieu aurait forgé un grand mensonge sur Dieu. Dieu en effet dit : {Ô Messager, transmets ce qui t’a été descendu de la part de ton Seigneur. Si tu ne le faisais pas, alors tu n’aurais pas communiqué Son }… De plus, celui qui présume que le Prophète prévoit l’avenir, aura forgé un grand mensonge sur Dieu; Dieu (le Très-Haut) a dit : {Dis : Nul de ceux qui sont dans les cieux et sur la terre ne connaît l’Inconnaissable, à part Dieu}. (Mouslim n°259)

39. et qu’en vérité, l’homme n’obtient que [le fruit] de ses efforts

Hammâd Ibn Zayd (que Dieu lui fasse miséricorde) a dit : « Je m’étonne de celui qui se protège de (certains) aliments en raison de leur méfaits (c’est-à-dire du tort qu’ils peuvent causer à l’organisme), comment cela se fait-il qu’il ne se protège pas (pour autant) des péchés malgré leur laideur  ? ». (al asbâb oudh dhâhirah al mou’înah ‘alâ qiyâmil layl d’Al Mâwardi)

43. et que c’est Lui qui a fait rire et qui a fait pleurer

‘Abdoullah Ibn ‘Abî Mulayka a dit : ‘Amr Ibn ‘Uthmân et moi étions assis chez Ibn ‘Omar, dans l’attente de l’arrivée du convoi funèbre de Oum ‘Abân bint ‘Uthmân. Ibn ‘Abbâs arriva en la compagnie d’un guide qui lui désigna la place de Ibn ‘Omar. Il vint donc s’installer de mon côté de telle façon que je fus entre les deux hommes (Ibn ‘Omar et Ibn ‘Abbâs). Nous entendîmes alors des cris émanant de la maison. Alors ‘Abdoullah Ibn ‘Omar, proposant à ‘Amr Ibn ‘Uthmân de se lever pour faire arrêter ces gémissements : « J’ai entendu l’Envoyé de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) dire que le mort sera châtié à cause des lamentations répandues par les siens ». ‘Abdoullah émit ce jugement sans restrictions. Ibn ‘Abbâs répliqua alors : Nous étions en compagnie de l’émir des Croyants ‘Omar Ibn Al-Khattâb. Quand nous atteignîmes un désert situé entre Médine et La Mecque, il s’aperçut d’un homme assis à l’ombre d’un arbre.
– « Va voir qui est cet homme », m’ordonna ‘Omar. Je trouvai là Suhayb et retournai à ‘Omar lui dire que c’était Suhayb.
– « Va et dis-lui de nous accompagner ».
– « Sa famille est avec lui ».
– « Même si sa famille est avec lui, dis-lui de nous accompagner » (peut-être l’a-t-il dit selon Ayyûb).
Plus tard, lorsque ‘Omar fut mortellement frappé, Suhayb vint le trouver en pleurant et en criant : « Ah! Mon frère! Ah! Mon ami! ». ‘Omar lui dit alors : « Ne sais-tu pas -ou n’as-tu pas entendu, selon ‘Ayyûb – l’Envoyé de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) dire : Le mort sera châtié à cause de certains gémissements poussés par les siens (sur sa recommandation) ». ‘Abdoullah émit ainsi un jugement sans restrictions, tandis que ‘Omar ajouta qu’il s’agissait de certains cas seulement. J’allai trouver ‘Aïcha et lui raconta ce qu’ Ibn ‘Omar avait dit.
– « Par Dieu! l’Envoyé de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) n’a jamais dit que le mort sera châtié à cause des larmes versées par quiconque. Mais il a dit plutôt que Dieu accroîtra le châtiment du mécréant à cause des pleurs que versent les siens à sa mort ». Il suffit de retenir ces mots du Coran : {et que c’est Lui qui a fait rire et qui a fait pleurer}, {Et nul ne portera le fardeau d’autrui.}

59-60. Quoi! Vous étonnez-vous de ce discours (le Coran)? Et vous [en] : riez et n'[en] pleurez point?

Anas (que Dieu l’agrée) a dit : « Le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) nous a tenu un sermon auquel je n’avais jamais rien entendu de semblable. Il dit : « Si vous saviez ce que je sais, vous ririez certainement peu et vous pleureriez certainement beaucoup ».
Les compagnons du Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) se couvrirent le visage et se mirent à pleurer en faisant entendre un nasillement ». (Al-Boukhâri, Mouslim)

Aboû Hourayra a dit : Lorsque le verset du Coran : {Quoi ! Vous étonnez-vous de ce discours(le Coran) ? Et vous en riez et n’en pleurez point.} (53/59-60) a été révélé, les compagnons résidant dans la Suffah, (la cour de la mosquée du prophète) ont pleuré jusqu’à ce que les larmes coulent goutte à goutte le long de leurs joues. Quand le prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a entendu leurs pleurs, il a pleuré avec eux et ses pleurs nous ont fait pleurer. Le Messager de Dieu (le Très-Haut) a dit : « Celui pleure par crainte de Dieu, le Feu (de l’enfer) ne le touchera pas ». (Al-Bayhaqi)

61. absorbés [que vous êtes] par votre distraction.

Ibn Kathir (que Dieu lui fasse miséricorde) dit que d’après Sufyan Ath-Thawri, d’après son père, qui le tenait d’Ibn Abbas : ce mot signifie la chanson en dialecte yamâni. C’est ce que Ikrama soutien également.


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