Quelle est l’interprétation des versets 9, 10 et 11 de la sourate Houd ?
Question
Quelle est l’interprétation des versets 9, 10 et 11 de la sourate Houd ?
Résumé de la réponse
Ces versets contiennent des points moraux et l’état psychologique des hommes de peu de foi vulnérables face aux problèmes, aux consternations et l’interruption des bénédictions divines. Ils expliquent d’un autre coté les qualités des bienfaiteurs.
Le contenu des versets se résume comme suit : Dieu donne souvent un bien à quelqu’un puis le reprend pour l’éprouver. Dans cette situation l’homme perd espoir et a tendance à se montrer ingrat. Et parfois après les efforts dans lesquels il a placé l’homme, il lui apporte l’ouverture dans sa vie. Ici encore l’homme bascule dans un autre problème. Tellement il est enthousiaste qu’il finit par devenir orgueilleux, croyant que ces biens qu’il a acquis sont uniquement le fruit de ses efforts personnels. L’homme se laisse distraire à propos de Dieu dans les deux cas. Par l’espoir et l’ingratitude dans le premier cas et par l’orgueil et la vanité il oublie Dieu dans le deuxième cas. Entre les deux existent des homme bien, croyants et pieux qui accomplissent les bons actes. Il ne sont pas l’otage des caprices de leurs âmes et attribuent tout à Dieu.

Réponse détaillée
Dans les versets évoqués on trouve des points qui expriment les faiblesses psychologiques et l’attitude morales des hommes de peu de foi vulnérables face aux problèmes et aux épreuves. Des gens qui se laissent démoraliser dès que Dieu leur enlève une bien. Le verset parle également des bienfaiteurs.[1]
« Si nous faisons gouter à l’homme des bienfaits de notre part et nous l’enlevons par la suite, il perd espoir et devient ingrat »[2]
Ce verset parle de la nature humaine et précise que cette attitude n’est pas seulement l’affaire des mécréants et montre que c’est le propre de l’homme.[3] Certains exégètes estiment que le mot « homme » dans le verset désigne les mécréants qui ignorent que Dieu ne donne ou retire un bien à son serviteur que quand c’est dans l’intérêt de ce dernier.[4]
De toutes les manières de pareilles personnes nagent dans l’opulence elles sont dominées par l’orgueil, la vanité et l’arrogance au point de tout oublier. Comme Dieu dit dans le verset suivant : « Et quand nous lui faisons gouter les bienfaits après les peines qu’il a subi, il dira : les maux se sont éloignés de moi et ils ne reviendront pas »[5] C’est pour cela qu’il est fier, orgueilleux, arrogant et vantard à l’infini. Il oublie d’exprimer la reconnaissance vis-à-vis de son Seigneur.
Il existe une autre hypothèse au sujet de l’interprétation du passage « les maux se sont éloignés » : quand ce genre de personnes se tord sous la pression des difficultés et des calamités et que Dieu remplace ces peines par les bienfaits, elles disent : « les difficultés passées sont l’expiation de nos péchés. Toutes nos turpitudes ont étét lavées par ces difficultés, nous sommes devenus pures ! Nous sommes proches de Dieu, ce qui fait que nous n’avons pas besoin de nous repentir et revenir vers le Seigneur ».[6]
Pour faire exception Dieu dit dans le verset suivant : « Sauf ceux qui ont patienté et accompli de bonnes œuvres. Ceux-là connaitront le pardon et une grande récompense »[7]
Selon ce verset, l’ingratitude, le désespoir quand il y a les difficultés, l’orgueil et l’arrogance quand il ya l’opulence sont l’attitude des hommes sans éducation monothéiste. Mais les croyants qui accomplissent les bons actes ne désespère pas en cas de difficultés et il ne sont pas orgueilleux quand leur parviennent les bienfaits. Dans un autre passage il est écrit : « ceux qui ont patienté et accompli de bonnes œuvres. Ceux-là connaitront le pardon et une grande récompense »[8] Ils obtiennent une grande récompense pour leur endurance.[9]
On peut ainsi résumer le sens de ces versets :
Dieu donne parfois un bien à quelqu’un pour l’éprouver. Puis il le récupère. Dans de cas pareil l’homme sombre dans le désespoir et l’ingratitude. Parfois Dieu offre des ouvertures à quelqu’un après des efforts fournis et ce dernier saute de joie et s’enfle d’orgueil se disant que ces résultats sont uniquement le fruit de ses propres efforts. Ils disent par orgueil : « les peines et la souffrance sont éloignés de moi.  L’homme se laisse distraire à propos de Dieu dans les deux cas. Par l’espoir et l’ingratitude dans le premier cas et par l’orgueil et la vanité il oublie Dieu dans le deuxième cas. Entre les deux existent des homme bien, croyants et pieux qui accomplissent les bons actes. Ils ne sont pas l’otage des caprices de leurs âmes et attribuent tout à Dieu. Il oublie que Dieu peut lui restituer ces biens ou les retirer à nouveau en cas d’orgueil.
Au milieu des deux on trouve des croyant qui accomplissent de bons actes, ils ne sont pas l’otage des caprices de leur cœur ou de leurs humeurs. Ils savent que out appartient à Dieu. Ils ne sont pas ingrats quand Dieu leur retire un bien et ils ne se gonflent pas d’orgueil quand ils sont dans l’opulence. Ils espèrent toujours sur Dieu. Quand leur vient l’ouverture ils ne se montrent pas arrogants. Ils considèrent ces biens comme des faveurs venant de leur Seigneur. Comme le prophète Souleyman quand la royauté lui a été attribuée, il dit humblement : « Ceci vient des faveurs de mon Seigneur afin de m’éprouver et voir si je serai reconnaissant ou ingrat. Quiconque est reconnaissant, cela est a son avantage. Et si on est ingrat c’est à ton détriment, »Mon Seigneur est riche par-dessus tout »[10]
[1] – Tafsir Nemouneh, NAsir Makarim Shirazi, vol 9, p 31, Daroul koutoub islamiyya, Téhéran, 1374 hégire solaire
[2] – Sourate Houd, verset 9
[3] – Al Mizan fi tafsir Qur’an, Sayyed Mohammad Hossein Tabatabai, vol 10, p 156, Bureau des éditions islamiques, 5ème impression, 1417 hégire lunaire ; Ya’koub Ja’fari, Kawthar, vol 5, p 187, les éditions Hijrat, Qom, 1ère impression ; Al wajiz fi tafsir kitabi aziz, Abdoul Haq Ibn Ghaleb ibn Atiya Andalousi, recherche d’Abdou Shâfi Mohammad Abdou Salam, vol 3, p 153, Daroul Koutoub Ilmiyya, Beyrouth, 1ère impression, 1422 hégire lunaire
[4] – Majma’oul bayane, Fadhl Ibn Hossein Tabrisi, recherché de Mohammad Javad Balaghi, vol 5, p 220, Les editions Nasir Khosro, Téhéran, 3ème impression, 1372 hégire solaire ; Mafatihul ghayb, Abou Abdellah Mohammad Ibn Oumar Fakhrouddine Razi, vol 17, p 322, Daroul ehyâ tourath al arabi, Beyrouth, 3ème impression, 1420 hégire lunaire.
[5] – Sourate Houd, verset 10
[6] – Tafsir Nemouneh, NAsir Makarim Shirazi, vol 9, p 31-32
[7] – Sourate Houd, verset 11
[8] Sourate fatir, verset 7
[9] – Tafsir Ahsanoul hadith, Sayyed Ali Akbar Qarshi, vol 4, p 458-459, Bounyan be’that, Téhéran, 3ème impression, 1377 hégire solaire
[10] – Sourate Nam, verset 40


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