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    Maria: un symbole de rapprochement entre musulmans et chrétiens

    • le 4 mars 2011 par smail boudechiche
    Maria: un symbole de rapprochement entre musulmans et chrétiens
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    Immortalisée et défendue

    par Sourate Et-Tahrim

    Lorsqu’on parle d’elle, l’on ne retient que des aspects superficiels, alors qu’elle a une place importante dans le Harem du Prophète de par son rang et surtout son rôle particulier de trait d’union entre les musulmans et les Gens du Livre de par ses origines et ses anciennes appartenances. Pour beaucoup, c’est cette belle esclave dédiée par le roi d’Egypte en signe de respect et de considération pour ce nouveau prophète d’Arabie et que ce dernier avait accepté avec grand plaisi et c’est tout.

    Cette image simpliste cache en vérité l’essentiel car le Prophète (P. et S. sur elle) n’accepte que ce qui est bon et utile. Elle cache toute la sagesse profonde derrière comme nous allons le voir en essayant de dégager quelques traits.

    Un présent du roi d’Egypte

    Elle était le fruit d’une correspondance envoyée par le Prophète (P. et S. sur lui) au roi des Coptes en Egypte dans le cadre des autres écrits envoyés aux grands dirigeants du monde à l’époque, dont le roi perse et l’empereur de Rome les invitant à la nouvelle religion monothéiste et à glorifier le Dieu Unique.

    Le roi copte qui portait le nom d’El Mouqaouqous reçut l’envoyé du Prophète (P. et S. sur lui), le compagnon Hateb Ibn Oubaa Beltaa avec égard en lui demandant des détails sur le Prophète (P. et S. sur lui) et l’Islam. A l’opposé des autres par le refus et le dédain dont celle du roi perse qui avait tué les émissaires envoyés, la réponse du roi copte fut sincère et diplomatique en lui envoyant un présent en signe de haute considération et d’estime: deux esclaves, des sœurs, ayant une grande place dans la cour parmi les coptes en plus d’autres effets. Elles étaient toutes deux d’une grande beauté et charme d’un teint blanc. Le Prophète (P. et S. sur lui) accepta une partie du présent dont les deux esclaves, Maria et Syrine qui se convertissent à l’Islam. Il garda la première pour lui et offrit la deuxième à Hassen Ibn Thabet.

    L’entrée dans le Harem fut toutefois accueillie avec une certaine jalousie de la part des autres épouses, pas habitudes princières ramenées par Maria qui vite réussit à charmer le Prophète (P. et S. sur lui), ce qui ne passa pas inaperçu. L’on rapporta dans le détail ces moments et les rencontres intimes entre eux. Le Prophète (P. et S. sur lui) lui avait chuchoté à l’oreille qu’elle enfanterait d’un enfant en lui récitant les versets sur les prophètes ayant eu des enfants à un âge avancé dont Ibrahim et Zakaria. La belle et gracieuse répondit en souriant qu’elle était jeune et non vieille pour ne pas pouvoir enfanter. Même lui n’était pas trop âgé.

    Ce n’était donc pas un miracle. Mais le Prophète (P. et S. sur lui) voulait exprimer sa reconnaissance au Seigneur pour cette bonne nouvelle en lui donnant ce dernier enfant après une période de plus de dix ans d’absence d’enfantement depuis la disparition de sa femme Khadidja. Le Prophète (P. et S. sur lui) en apprenant cette bonne nouvelle commença à voir en Maria sa continuatrice en la couvant d’un amour particulier, ce qui augmenta chaque jour la mèche de jalousie. Ce qui devait arriver arriva. Un remue-ménage anodin qui avait risqué de faire imploser le Harem d’apparence calme et serein.

    La jalousie de Hafsa et Aïcha
    Profitant de l’absence de son épouse Hafsa, le Prophète (P. et S. sur lui) invita Maria à la chambre de cette dernière. En apprenant de retour ce qui s’était passé, Hafsa réagit violemment en se sentant offensée dans son amour propre. Réalisant la tournure prise par l’évènement, le Prophète essaya de la calmer. Il lui annonça sa décision de s’interdire Maria, mais en la priant de garder le secret. Ne pouvant contenir ses sentiments, Hafsa diffusa l’information à Aïcha qui, à son tour, prit fait et cause, pour sa première campagne. Puis ce fut tout le Harem qui s’enflamma, atteignant le moral de la jeune esclave. Aïcha dont la jalousie était connue, n’attendait que ça pour s’exprimer. Elle demanda en signe de solidarité à ce que Maria soit éloignée de Médine pour la châtier.
    Ne pouvant contenir ce tollé de protestation et de soulèvement, le Prophète (P. et S. sur lui) se retira à la mosquée pendant près d’un mois pour prier et méditer en refusant d’adresser la parole à ses épouses comme pour les sanctionner de leur réaction brutale. Le bruit courut qu’il avait décidé de répudier Hafsa qui était derrière cet ébruitement. Apprenant cela, Hafsa se repentit de ce qu’elle avait fait en demandant excuse. Dieu demanda au Prophète revenir sur sa décision pour ne pas mécontenter son père et néanmoins son bras droit. De plus il l’informa que Hafsa était une épouse pieuse qui priait et jeûnait beaucoup.
    Allah, l’Ange Gabriel, les anges et les compagnons les plus émérites pour l’arrangement
    L’enfant qui a égayé le foyer du Prophète

    Maria fut ainsi rétablie pleinement parmi les épouses en devenant membre de plein droit après avoir enfanté de Ibrahim. Sa naissance apporta une joie immense au Prophète (P. et S. sur lui) et fut fêtée par le sacrifice d’un mouton qui devint une tradition (El aqiqa) célébrée de nos jours en signe de reconnaissance à Dieu pour la prophétie matérialisée.

    Ibrahim qui n’avait survécu que deux ans est le seul enfant en dehors d’elle. Aussi sa joie fut grande, mais malheureusement de courte durée. A sa mort, le Prophète (P. et S. sur lui) éprouva une grande tristesse mais dans la dignité et la patience en se remettant à la volonté divine.

    Dans notre prochaine édition, nous verrons la grande leçon de ce mariage exceptionnel avec la jeune et belle copte Maria et le rapprochement entre les peuples et notamment les plus proches des musulmans, les chrétiens. Un symbole de rapprochement.
    Comme les autres grandes dames de l’Islam, Maria, à bien regarder, a laissé des traces indélébiles derrière. De nous jours encore, l’on se rend compte de la place de cette dame providentielle. Elle demeure avec Safia, l’autre esclave juive reconvertie, la poétesse, l’aristocrate, appartenant à une grande tribu arabe, les pierres de fondements des relations avec les Gens de l’Ecritures, ces gens qui sont les plus proches de nous en termes de religion, de prophétie, de mœurs, d’histoire et de géographie. Il nous est autorisé d’épouser leurs femmes, même si elles ne convertissent pas en leur permettant de continuer à pratiquer leurs propres rites et eux peuvent le faire à la condition qu’ils se convertissent à l’Islam. C’est la règle en Islam d’une souplesse très grande et d’une ouverture pertinente. L’Islam, religion pure, n’autorise pas les femmes musulmanes, symbole des valeurs de la dignité, de  la pureté et de l’honneur qu’avec des hommes purifiés dans leur foi.

    La tolérance de l’Islam

    L’Islam contrairement à ce qu’aucuns pensent n’est pas intolérant à l’égard des Gens du Livre. C’est la première religion sur terre qui protège statutairement en son sein les minorités chrétiennes et juives depuis sa naissance en leur garantissant le droit à la citoyenneté pour vu qu’ils en respectent les règles. Ce n’était pas le cas inverse où la moindre présence de musulmans n’était pas autorisée. L’Occident judéo-chrétien n’a du changer de règles que difficilement à travers l’histoire et suite à des expériences douloureuses. Le grand Omar en ouvrant la ville d’El Qods avait été accueilli en frère par la population chrétienne parce qu’il leur avait promis de leur garantir leurs droits essentiels. L’inverse n’était pas vrai avec le Roi des Croisés, le vaillant ‘cœur du Lion » qui avait passé par l’épée la population musulmane dans les villes conquises, y compris El Qods. Salah Ed-Dine en chassant les croisés répéta le coup de Omar dans la grande tradition initiée par ce dernier. En Andalousie et au Maghreb dont l’Algérie, les Gens du Livre, étaient considérés comme des citoyens qui avaient leurs quartiers, leurs commerces et leurs écoles et participaient pleinement à la culture, à la science et même à la vie politique en accédant à des postes stratégiques. Le courant passait facilement entre les deux communautés dans un respect mutuel.

    Chacun connaissait ses limites dans une tolérance parfaite. L’inverse avec l’Inquisition, surtout et les chasses dramatiques des musulmans n’était pas vrai et constitue toujours une honte pour les Gens du Livre. Durant la longue nuit de colonisation, les populations musulmanes avaient été presqu’entièrement dépossédées de leur identité et culture. Ce n’est que récemment qu’ils commencèrent à se rendre compte de ces faits pour essayer de tourner la page. Mais la xénophobie et les anciennes survivances demeurent malheureusement dans nombre de pays en faisant chaque jour des victimes parmi les minorités. Les restrictions demeurent de nos jours. Les sentiments d’intolérance existent malheureusement aussi de l’autre côté colportés par des courants étrangers à l’esprit de tolérance et d’ouverture de l’Islam et procède plus par sentiments de vengeance et d’ignorance que par conviction ou référence religieuse.

    Le dialogue entre les civilisations

    C’est pourquoi se lèvent des deux côtés des initiatives d’encouragement pour le dialogue et de rapprochement entre les deux civilisations au lieu de chercher la confrontation et les hostilités, facteurs de propagation de haine et d’animosité. En Algérie, il faut saluer les efforts qui se font, notamment à l’initiative du professeur Cheikh Bouamrane, président du Hci par les appels et initiatives lancés en faveur d’un véritable dialogue entre civilisations, les prises de position et les séminaires organisées ou du professeur Mustapha Chérif qui se consacre spécialement à favoriser ce dialogue par ses recherches et ses initiatives. Pour ne citer que ceux-là car ces derniers expriment le large courant d’opinion en Algérie, favorable au dialogue et le rapprochement en étant fidèle à nos traditions séculaires et mêmes millénaires. L’émir Abdelkader malgré la défaite militaire au bout d’une longue lutte de résistance avec l’occupant, s’était tourné vers le dialogue entre  les peuples voyant en lui des solutions futures à leurs problèmes d’identité.

    L’exemple de l’émir

    L’histoire a donné raison à ce grand personnage, devenu un homme de lettres et un grand soufi à la vision éclairée. Les coptes du Moyen Orient lui reconnaissent son action en les protégeant contre les attaques de fanatiques. Aujourd’hui, tous les émigrés, devenus dans une grande proposition des citoyens à part entière de l’autre bord, ou ceux restés fidèles à leur patrie d’origine, lui doivent respect et considération pour ses prises de position et sa vision de dialogue.

    La colonisation est passée. Le dialogue est resté. Il est la solution à beaucoup de problèmes qui se posent aux communautés dans le respect mutuels et non dans l’assimilation aveugle et méprisante.

    A l’image de l’exemple du Prophète (P. et S. sur lui) qui avait épousé et par suite affranchie la belle esclave Maria et de la souplesse et la tolérance apportée par l’Islam, celui-ci a en vérité le premier jeté les bases du rapprochement entre les musulmans et les gens du Livre. La cohabitation n’a pas été toujours facile, mais la raison et le bon sens finissent par l’emporter à l’image aussi de ce qui était arrivé au Harem secouée par la crise violente de jalousie. C’est dire que les crises passagères ne doivent l’emporter sur l’essentiel, ce qui reste.

    Ceci a permis à travers l’histoire et malgré les incompréhensions et les idées hostiles, l’établissement de bonnes traditions que ce soit à la base entre le bas peuple, dans la société avec les intellectuels, artistes, commerçants et savants et à un niveau supérieur. L’humanité en profite.

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