Les Bases De La Comprehension Et Du Tafsir Du Saint Coran

Traduit de l’arabe et édité par Abbas AHMAD al-Bostani

L’un des exemples de cette déviation dans le ta’wîl est le sens que certains « philosophes » et « théologiens » ont attribué aux Versets coraniques en soumettant ceux-ci à des pensées et des doctrines philosophiques et théologiques auxquelles ils croyaient…

Nous avons déjà expliqué comment l’Ecole des Ahl-ul-Bayt a démontré que le Livre d’Allah est éternel, qu’il est le Registre de la Loi Divine immuable, la Source de la Législation, le Critère et l’Arbitre de la véracité des « récits » et des hadith, et la Référence permettant de distinguer le faux du Vrai. En effet, selon le Prophète :

« Si on m’attribue devant vous un hadith, comparez-le au Livre d’Allah. Acceptez-en ce qui s’y conforme, et rejetez-en ce qui s’y oppose. »(155)

Ceci étant établi, et les fausses allégations et assertions concernant son intégrité étant dénoncées comme telles, l’Ecole des Ahl-ul-Bayt a proposé une méthode originale qui détermine la manière dont on doit comprendre et traiter le Texte coranique. Ce problème de la compréhension du Saint Coran, de son explication et de son interprétation constitue un point essentiel dont dépend l’exactitude de la pensée et la justesse de la Croyance, de la Législation et du Savoir islamiques.

La raison en est que toute déviation, toute erreur dans la compréhension du Coran, dans la découverte de son contenu législatif et doctrinal et dans la déduction de ses Jugements, de ses concepts et de ses Lois sociales, politiques, économiques, éducatives et juridiques, conduit à la déviation et à la division des Musulmans, à la perte de l’authenticité et de la pureté islamiques.

Commençons notre étude de ce sujet fondamental par l’indispensable distinction qu’il faut faire entre le « tafsîr » et le « ta’wîl ».

Le « tafsîr » est, selon les linguistes, « le dévoilement et la mise en évidence du sens des termes »(156), alors que le « ta’wîl » est défini comme « le renvoi de l’une des deux possibilités [du sens d’un terme] à ce qui se conforme à l’apparence. »(157)

Ahmad Redhâ, définissant le tafsîr, écrit :

« Le tafsîr vient du mot « fassar », lequel est dérivé, par la grande dérivation, du mot « fasr », lequel signifie « le dévoilement et apparition ».

Ainsi, lorsque le matin apparaît, on dit : « asfara al-çubh », c’est-à-dire : « le matin se dévoile ». Et on dit aussi : « asfarat al-mar’ah ‘an wajhihâ », c’est-à-dire : « la femme dévoile son visage », lorsqu’elle le découvre. Ou bien, il vient du verbe « fassara, yofassiro » (cf.dharaba, yadhribo, ou naçara, yançoro), et « fasran » ; « al-fasr » étant le fait de montrer et de découvrir ce qui est couvert. Ainsi, vous dites : « fassarto al-chay’a » : « j’ai expliqué cette chose », si vous l’expliquez. »(158)

Le Chaykh al-Tabarsî a ainsi défini le mot « tafsîr » dans son « Majma’ al-Bayân fî Tafsîr al-Qur’ân » :

«  »Al-tafsîr » est le dévoilement de la signification du terme équivoque, tandis que « al-ta’wîl » c’est renvoyer l’un des deux sens possibles à ce qui correspond à l’apparence. Al-tafsîr, c’est l’explication. »

Selon Abû-l-‘Abbâs al-Mobarrid :

« Le ta’wîl, le tafsîr et les « ma’nâ » [sens] sont une même chose. On dit que « fasr » est la découverte de ce qui est couvert, et que ta’wîl est la fin et l’aboutissement d’une chose, ce sur quoi elle débouche… Quant au « ma’nâ », il vient de cet énoncé : « ‘anayto fulânan » : « j’ai entendu par là Untel », qui signifie « qaçadtahu » : « mon intention visait Untel », comme ce que vise l’énoncé : « ‘aniya bihi kathâ » : « il a entendu par là telle chose… » ; « qaçada bil-kalâm kathâ » : « par sa parole, il entendait telle chose… ».

Et on dit aussi que l’énoncé « ‘anayto bi-hathâ-l-amr » : « j’ai pris la charge de cette question », c’est-à-dire : « takallaftuhu »: « j’en ai pris la charge » »(159)


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