Exégèse de la sourate 66 : L’interdiction
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1~4. Ô Prophète ! Pourquoi, en recherchant l’agrément de tes femmes, t’interdis-tu ce que Dieu t’a rendu licite ? Et Dieu est Pardonneur, Très Miséricordieux. Dieu vous a prescrit certes, de vous libérer de vos serments. Dieu est votre Maître; et c’est Lui l’Omniscient, le Sage. Lorsque le Prophète confia un secret à l’une de ses épouses et qu’elle l’eut divulgué et que Dieu l’en eut informé, celui-ci en fit connaître une partie et passa sur une partie. Puis, quand il l’en eut informée elle dit : « Qui t’en a donné nouvelle ? » Il dit : « C’est l’Omniscient, le Parfaitement Connaisseur qui m’en a avisé ». Si vous vous repentez à Dieu c’est que vos cœurs ont fléchi. Mais si vous vous soutenez l’une l’autre contre le Prophète, alors ses alliés seront Dieu, Gabriel et les vertueux d’entre les croyants, et les anges sont par surcroît [son] soutien.

D’après ‘Aïcha (que Dieu soit satisfait d’elle), l’Envoyé de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) avait l’habitude de rester longtemps chez Zaynab bint Jahch et de boire du miel. Hafsa et moi, dit ‘Aïcha, nous nous entendîmes de dire au Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) quand il viendra chez l’une de nous deux : « je trouve que tu sens le Maghâfîr (Plante mucilagineuse à saveur agréable, mais malodorante). Est-ce que tu as mangé du Maghâfîr? ». Quand il pénétra chez l’une d’elles, elle lui dit cela. Et lui de répondre : « Non, mais j’ai bu du miel chez Zaynab bint Jahch et je ne le boirai plus ». Les suivants versets furent alors fut révélés de : {Pourquoi, en cherchant l’agrément de tes femmes, t’interdis-tu ce que Dieu t’a rendu licite? […] Si vous vous repentez à Dieu…} au sujet de ‘Aïcha et de Hafsa, et Lorsque le Prophète confia un secret à l’une de ses épouses… au sujet de cette parole : « mais j’ai bu du miel ». (Mouslim n°2694)

5. S’ils vous répudie, il se peut que Seigneur lui donne en échange des épouses meilleurs que vous, musulmanes, croyantes, obéissantes, repentantes, adoratrices, jeûneuses, déjà mariées ou vierges.

‘Omar Ibn Al-Khattâb (que Dieu l’agrée) a dit : « Lorsque le Prophète eut décidé de se priver de ses femmes pour quelque temps, j’entrai à la mosquée et trouvai les gens tout pensifs et inquiets (les yeux fixés par terre en frappant le sol de coups de pierres). Ils disaient : « L’Envoyé de Dieu a répudié ses femmes ! » Ceci se passait avant la révélation du verset imposant le port du voile. Je me dis alors : « Je dois absolument savoir aujourd’hui la raison de cela ».
‘Omar poursuivit : J’entrai chez ‘Âicha et lui dis : « Ô fille de Abou Bakr ! Oses-tu nuire à l’Envoyé de Dieu ? »
Elle répondit : « Pourquoi te mêles-tu de mes affaires, ô Ibn Al-Khattâb ? Occupe-toi plutôt de ta fille (Hafsa) ! (également épouse du Prophète) »
Je me rendis chez Hafsa bint ‘Omar et lui dis : « Ô Hafsa ! Comment oses-tu nuire à l’Envoyé de Dieu ? Par Dieu, je sais que le Prophète ne t’aime pas et sans moi, il t’aurait répudiée ».
Et Hafsa de se mettre à pleurer. Je lui demandai : « Où est l’Envoyé de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) ? »
– « Il est dans son belvédère ».
Je me rendis chez lui et trouvai Rabâh, le domestique de l’Envoyé de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) assis sur le seuil du belvédère, pendant ses pieds sur un tronc d’arbre creux dont l’Envoyé de Dieu se sert pour accéder ou descendre de son belvédère. Je l’appelai : « Ô Rabâh ! Demande pour moi l’autorisation d’entrer chez l’Envoyé de Dieu ! »
Le serviteur regarda tantôt vers moi tantôt vers le belvédère sans dire un mot. Je réitérai ma demande « Ô Rabâh ! Demande pour moi l’autorisation d’entrer chez l’Envoyé de Dieu ! » et comme je ne reçus aucune réponse, je m’écriai pour la troisième fois : « Ô Rabâh ! Demande pour moi l’autorisation d’entrer chez l’Envoyé de Dieu, je crois que le Prophète pense que je suis venu pour lui parler au sujet de Hafsa. Par Dieu, s’il m’ordonne de couper le cou à Hafsa, je le ferais ». Je haussai la voix, et alors il me fit signe de monter. J’entrai chez l’Envoyé de Dieu et le trouvai étendu sur une natte. Je m’assis et lui de se couvrir de son pagne qu’il portait seulement. Je vis alors les traces de la natte dessinées sur son flanc. Je regardai dans la chambre de l’Envoyé de Dieu et ne trouvai qu’une poignée d’orge et une autre d’acacia blond (servant au tannage), ainsi qu’une peau suspendue qui n’a pas encore été tannée. A cette scène, je ne puis pas retenir mes larmes.
« Pourquoi pleures-tu, ô Ibn Al-Khattâb ? », demanda le Prophète.
Je répondis : « Ô Prophète de Dieu ! Et comment ne pas pleurer en voyant les traces qu’a laissée la natte sur ton flanc et ce belvédère qui ne contient presque rien. Comment ne pas pleurer en comparant ta situation – toi l’Envoyé de Dieu et Son élite, dans ta petite chambre – à celle de César ou Chosroes qui jouissent des fruits et des ruisseaux ? »
– « Ô Ibn Al-Khattâb, répliqua le Prophète, ne consens-tu pas que nous aurons la vie future et qu’ils ont ce bas monde ? »
– « Si, » dis-je. Lorsque je pénétrai chez lui, poursuivit ‘Omar, je pus remarquer les signes du mécontentement sur son visage et je lui dis : « Ô Envoyé de Dieu ! Pourquoi éprouves-tu trop de peine au sujet des femmes ? Si tu les avais répudiées, Dieu est avec toi ainsi que Ses anges, Gabriel, Mikâ’îl, ainsi que moi, Abou Bakr et tous les Croyants ». Jamais auparavant – Dieu merci – je n’ai eu, en parlant, un tel désir de recevoir une confirmation divine pour mes propos. Plus tard, le verset du libre arbitrage fut révélé : {S’il vous répudie, il se peut que son Seigneur lui donne en échange des épouses meilleures que vous…} et {Mais si vous vous soutenez l’une l’autre (‘Âicha et Hafsa) contre le Prophète, alors ses alliés seront Dieu, Gabriel et les vertueux d’entre les Croyants et les anges sont par surcroît (son) soutien} (66/4-5). ‘Âicha bint Abou Bakr et Hafsa soutenaient l’une l’autre contre les autres épouses du Prophète . Je lui dis : « Ô Envoyé de Dieu ! Les as-tu répudiées ? »
– « Non », me répondit-il.
« Ô Envoyé de Dieu, poursuivis-je, je suis entré dans la mosquée et j’ai trouvé les musulmans anxieux, pensifs, disant : ‘L’Envoyé de Dieu a répudié ses femmes ! ». Puis-je descendre leur annoncer que tu ne les as pas répudiées ? ».
Il me répondit : « Oui, si tu veux ». Je ne cessai de m’entretenir avec lui jusqu’à ce que j’ai vu disparaître les traces de la colère de son visage, il a même souri et ri. L’Envoyé de Dieu avait la plus belle bouche. Puis, le Prophète descendit et je descendis à mon tour, en me collant au tronc, tandis que lui, il descendit si aisément sans le toucher comme s’il marchait sur la terre. Je lui dis : « Ô Envoyé de Dieu ! Mais tu n’avais passé que vingt-neuf jours dans ton belvédère ! » (le Prophète avait décidé de se retirer pour un mois)
Il répondit : « Le mois parfois est de vingt-neuf jours ! »
Alors, je me tins sur la porte de la mosquée et je m’écriai à voix haute : « L’Envoyé de Dieu n’a pas répudié ses femmes ! » A cette occasion, Dieu révéla ce verset : {Quand leur parvient une nouvelle rassurante ou alarmante, ils la diffusent. S’ils la rapportaient au Messager et aux détenteurs du commandement parmi eux, ceux d’entre eux qui cherchent à être éclairés, auraient appris (la vérité (de la bouche du Prophète et des détenteurs du commandement)…} (4/83)
Dans cette affaire, poursuivit ‘Omar, j’étais celui qui eut appris la vérité (parmi ceux qui cherchent à être éclairés) et Dieu a révélé le verset du libre arbitrage. (Mouslim n°2704)

6. Ô vous qui avez cru ! Préservez vos personnes et vos familles, d’un Feu dont le combustible sera les gens et les pierres, surveillé par des anges rudes, durs, ne désobéissant jamais à Dieu en ce qu’Il leur commande, et faisant strictement ce qu’on leur ordonne.

Ibn ‘Omar (رضي الله عنهما) rapporte avoir entendu le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) dire : « Chacun de vous est un berger et chacun de vous est responsable de l’objet de sa garde. Le chef d’Etat est un berger et est responsable de ses administrés. L’homme est berger dans sa famille et est responsable de l’objet de sa garde. La femme est bergère dans la maison de son mari et est responsable de l’objet de sa garde. Le serviteur est berger dans les biens de son maître et est responsable de l’objet de sa garde. Chacun de vous est donc berger et est responsable de l’objet de sa garde ». (Al-Boukhâri, Mouslim)


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