Exégèse de la sourate 60 : L’éprouvée
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1. ô vous qui avez cru ! Ne prenez pas pour alliés Mon ennemi et le vôtre, leur offrant l’amitié, alors qu’ils ont nié ce qui vous est parvenu de la vérité. Ils expulsent le Messager et vous-mêmes parce que vous croyez en Dieu, votre Seigneur. Si vous êtes sortis pour lutter dans Mon chemin et pour rechercher Mon agrément, leur témoignerez-vous secrètement de l’amitié, alors que Je connais parfaitement ce que vous cachez et ce que vous divulguez ? Et quiconque d’entre vous le fait s’égare de la droiture du sentier.

‘Alî (que Dieu l’agrée) a dit : L’Envoyé de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) m’envoya en compagnie d’Az-Zubayr et d’Al-Miqdâd, en nous disant : « Marchez jusqu’à Rawdat Khâkh (endroit situé à une douzaine de milles au sud de Médine); vous y trouverez une femme en litière qui porte une lettre. Prenez-la d’elle ». Nous partîmes sur nos chevaux qui couraient, jusqu’à l’endroit indiqué où nous trouvâmes la femme, à laquelle nous dîmes : « Remets-nous la lettre que tu as! ».
– « Je n’ai pas de lettre », répondit-elle.
– « Tu vas remettre la lettre, réprimes-nous, ou nous allons te fouiller! ». (Mot à mot « nous enlèverons tes habits »).
Alors elle retira la lettre du cordon qui retenait ses cheveux. Là-dessus, nous emportâmes la lettre à l’Envoyé de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) : or c’était un de Hâtib Ibn ‘Abî Balta’a à certains polythéistes de La Mecque, par lequel il leur donnait des renseignements sur un projet de l’Envoyé de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui).
L’Envoyé de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) dit à Hâtib : « Qu’est-ce que c’est, ô Hâtib? ».
Le coupable répondit : – « Ne te hâte pas de me juger, Envoyé de Dieu; moi, je n’ai eu dans Quraych que la situation d’un rapporteur ».
Sufyân dit : « Il était leur allié, n’appartenant pas originairement à la tribu ».
Hâtib poursuivit : « Les autres Muhâjirûn ont, à La Mecque, des parents par lesquels ils peuvent assurer la protection de leurs familles; moi, comme les liens du sang ne me donnaient pas cet avantage, j’ai voulu m’acquérir à la reconnaissance de Quraych des droits qui assurassent la protection de mes proches. Mais je n’ai pas agi par infidélité ou par apostasie; je n’ai point accepté comme religion l’infidélité après avoir embrassé l’islam ».
L’Envoyé de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) répondit : « En vérité, il vous a parlé sincèrement ».
‘Omar dit alors : « Envoyé de Dieu, laisse-moi couper la tête de cet hypocrite ».
L’Envoyé de Dieu lui répondit : Cet homme a assisté au combat de Badr; comment pourrais-tu savoir que Dieu n’aurait pas considéré les combattants de Badr en leur disant : « Faites tout ce que vous voudrez, car je vous pardonne d’avance? ».
Allah, que Son nom soit exalté et loué, a donc révélé ce verset : {ô vous qui avez cru! Ne prenez pas pour alliés Mon ennemi et le vôtre…} (Mouslim n�4550)

8. Dieu ne vous défend pas d’être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion et ne vous ont pas chassés de vos demeures. Car Dieu aime les équitables.

Selon Hicham Ibn ‘Ourwa, mon père m’informa qu’Asma bint Abou Bakr (que Dieu l’agrée) a dit : « Ma mère (polythéiste) est venue chez moi pour me demander une faveur, du vivant du prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui). J’ai donc demandé au prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) : « dois-je la traiter avec bienveillance ? »,
Il a répondu : « Oui ».
Ibn ‘Ouyaina a dit : « c’est alors que Dieu a révélé : {Dieu ne vous défend pas d’être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion et ne vous ont pas chassés de vos demeures. Car Dieu aime les équitables.} (60/8) ». (Al-Boukhari)

10. ô vous qui avez cru ! Quand les croyantes viennent à vous en émigrées, éprouvez-les; Dieu connaît mieux leur foi; si vous constatez qu’elles sont croyantes, ne les renvoyez pas aux mécréants. Elles ne sont pas licites [en tant qu’épouses] pour eux, et eux non plus ne sont pas licites [en tant qu’époux] pour elles. Et rendez-leur ce qu’ils ont dépensé (comme mahr). Il ne vous sera fait aucun grief en vous mariant avec elles quand vous leur aurez donné leur mahr. Et ne gardez pas de liens conjugaux avec les mécréantes. Réclamez ce que vous avez dépensé et que (les mécréants) aussi réclament ce qu’ils ont dépensé. Tel est le jugement de Dieu par lequel Il juge entre vous, et Dieu est Omniscient et Sage.

Al-Hassan et Qatada ont dit à propos d�un couple mages qui s�est converti à l�Islam qu�ils peuvent maintenir leur mariage. Si la femme précède l�autre et que ce dernier refuse de suivre, le mariage est rompu et elle devient libre. (Fath Al-Bâri, 9/421)

Mudjahid ajoute : si le mari se convertit pendant le délai de viduité, il la garde. Car Dieu le Très Haut dit : « Elles ne sont pas licites (en tant qu’ épouses) pour eux, et eux non plus ne sont pas licites (en tant qu’ époux) pour elles » (60/10)

Al-Boukhari (Puisse Dieu lui accorder Sa miséricorde) a dit : « Chapitre : si une polythéiste ou une chrétienne se convertit à l�Islam alors que son époux est un chrétien protégé ou en état de guerre avec les musulmans.. Abd Al-Warith rapporte de Khalid d�après Ikrima d�après Ibn Abbas que si la chrétienne se convertit une heure avant son mari, elle lui est interdite ».

12. ô Prophète ! Quand les croyantes viennent te prêter serment d’allégeance, [et en jurent] qu’elles n’associeront rien à Dieu, qu’elles ne voleront pas, qu’elles ne se livreront pas à l’adultère, qu’elles ne tueront pas leurs propres enfants, qu’elles ne commettront aucune infamie ni avec leurs mains ni avec leurs pieds et qu’elles ne désobéiront pas en ce qui est convenable, alors reçois leur serment d’allégeance, et implore de Dieu le pardon pour elles. Dieu est certes, Pardonneur et Très Miséricordieux.

Ibn ‘Abbâs (que Dieu l’agrée) a dit : J’ai assisté à la prière de fitr (accomplie au jour de la fête de la rupture du jeûne) avec l’Envoyé de Dieu ainsi qu’avec Abou Bakr, ‘Omar et ‘Uthmân. Chacun d’eux la faisait avant de prononcer le sermon. Le transmetteur a ajouté : Il me semble encore voir Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) descendre (de sa chaire) vers l’endroit où les hommes avaient pris place et se mettre à marcher parmi leurs rangs (pour les égaliser) jusqu’à ce qu’il arrivât, accompagné de Bilâl, aux rangs des femmes. Quand il eut terminé la récitation de ce verset : {Ô Prophète! Quand les Croyantes viennent te prêter serment d’allégeance, (et en jurent) qu’elles n’associeront rien à Dieu}, il dit (en adressant aux femmes) : « L’êtes-vous aussi? ».
– « Certes oui, ô Envoyé de Dieu », répliqua une seule femme qui n’est pas connue du transmetteur.
– « Faites donc l’aumône », poursuivit l’Envoyé de Dieu.
Bilâl étendit alors son vêtement et dit : « Allez-y, que je sacrifie pour vous père et mère ».
Les femmes se mirent à jeter sur le vêtement de Bilâl leurs grosses bagues sans chaton et leurs anneaux. (Mouslim n�1464)

D’après ‘Aïcha, la femme du Prophète (que Dieu soit satisfait d’elle), l’Envoyé de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) mettait à l’épreuve toutes les Croyantes qui émigraient vers lui, au moyen de ce verset : {Ô Prophète! Quand les Croyantes viennent te prêter serment d’allégeance, (et en jurent) qu’elles n’associeront rien à Dieu, qu’elles ne voleront pas, qu’elles ne se livreront pas à l’adultère…}. ‘Aïcha ajouta : Les croyantes qui acceptent ces conditions, ont ainsi prêté légitimement serment d’allégeance. L’Envoyé de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) se contentait de leur dire : « Vous pouvez vous en aller. J’accepte votre serment ».
‘Aïcha poursuivit : Mais, par Dieu! Jamais sa main ne toucha la main d’aucune d’elles. Le pacte de fidélité s’échangeait plutôt oralement. (Al-Boukhâri, Mouslim n�3470)


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