Exégèse de la sourate 17 : Le voyage nocturne
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15. Quiconque prend le droit chemin ne le prend que pour lui-même; et quiconque s’égare, ne s’égare qu’à son propre détriment. Et nul ne portera le fardeau d’autrui. Et Nous n’avons jamais puni [un peuple] avant de [lui] avoir envoyé un Messager.

Et nul ne portera le fardeau d’autrui

‘Abdoullah Ibn ‘Abî Mulayka a dit : ‘Amr Ibn ‘Uthmân et moi étions assis chez Ibn ‘Omar, dans l’attente de l’arrivée du convoi funèbre de Oum ‘Abân bint ‘Uthmân. Ibn ‘Abbâs arriva en la compagnie d’un guide qui lui désigna la place de Ibn ‘Omar. Il vint donc s’installer de mon côté de telle façon que je fus entre les deux hommes (Ibn ‘Omar et Ibn ‘Abbâs). Nous entendîmes alors des cris émanant de la maison. Alors ‘Abdoullah Ibn ‘Omar, proposant à ‘Amr Ibn ‘Uthmân de se lever pour faire arrêter ces gémissements : « J’ai entendu l’Envoyé de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) dire que le mort sera châtié à cause des lamentations répandues par les siens ». ‘Abdoullah émit ce jugement sans restrictions. Ibn ‘Abbâs répliqua alors : Nous étions en compagnie de l’émir des Croyants ‘Omar Ibn Al-Khattâb. Quand nous atteignîmes un désert situé entre Médine et La Mecque, il s’aperçut d’un homme assis à l’ombre d’un arbre.
– « Va voir qui est cet homme », m’ordonna ‘Omar. Je trouvai là Suhayb et retournai à ‘Omar lui dire que c’était Suhayb.
– « Va et dis-lui de nous accompagner ».
– « Sa famille est avec lui ».
– « Même si sa famille est avec lui, dis-lui de nous accompagner » (peut-être l’a-t-il dit selon Ayyûb).
Plus tard, lorsque ‘Omar fut mortellement frappé, Suhayb vint le trouver en pleurant et en criant : « Ah! Mon frère! Ah! Mon ami! ». ‘Omar lui dit alors : « Ne sais-tu pas -ou n’as-tu pas entendu, selon ‘Ayyûb – l’Envoyé de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) dire : Le mort sera châtié à cause de certains gémissements poussés par les siens (sur sa recommandation) ». ‘Abdoullah émit ainsi un jugement sans restrictions, tandis que ‘Omar ajouta qu’il s’agissait de certains cas seulement. J’allai trouver ‘Aïcha et lui raconta ce qu’ Ibn ‘Omar avait dit.
– « Par Dieu! l’Envoyé de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) n’a jamais dit que le mort sera châtié à cause des larmes versées par quiconque. Mais il a dit plutôt que Dieu accroîtra le châtiment du mécréant à cause des pleurs que versent les siens à sa mort ». Il suffit de retenir ces mots du Coran : {et que c’est Lui qui a fait rire et qui a fait pleurer}, {Et nul ne portera le fardeau d’autrui.}

Et Nous n’avons jamais puni [un peuple] avant de [lui] avoir envoyé un Messager.

Le prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a répondu à celui qui l’interrogeait sur son père. L’homme lui dit : où est-il ? Le prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a répondu : « mon père et ton père sont dans le Feu ». (Mouslim)
Le Dr. Al-Qaradâwi a dit : « Quel est donc le péché de ‘Abdallah Ibn ‘abd Al-Muttalib (le père du prophète) pour qu’il soit au Feu ? Alors qu’il fait partie des gens de la fitra (la sainte nature, ceux à qui l’islam n’est pas parvenu) et la vérité c’est qu’ils sont sauvés ».
Puis il dit : « quel est le péché du père de cet homme qui interroge ? Alors qu’apparemment son père est mort avant l’Islam. C’est pour cela que je me suis abstenu sur le hadîth jusqu’à ce que ne m’apparaisse quelque chose qui apaise mon cœur. Quand à notre Cheikh Muhammad Al-Ghazâlî, il a certes rejeté clairement le hadith car il est en contradiction avec le verset {Et Nous n’avons jamais puni [un peuple] avant de [lui] avoir envoyé un Messager}. (« Comment se comporter avec la Sunna », p97-98)

18-19. Quiconque désire [la vie] immédiate Nous nous hâtons de donner ce que Nous voulons; à qui Nous voulons. Puis, Nous lui assignons l’Enfer où il brûlera méprisé et repoussé. Et ceux qui cherchent l’au-delà et fournissent les efforts qui y mènent, tout en étant croyants… alors l’effort de ceux-là sera reconnu.

Dieu (le Très-Haut) a dit : {Quiconque désire labourer [le champ] de la vie future, Nous augmenterons pour lui son lAbour. Quiconque désire lAbourer [le champ] de la présence vie, Nous lui en accorderons de [ses jouissances]; mais il n’aura pas de part dans l’au-delà.} (42/20)

45. Et quand tu lis le Coran, Nous plaçons, entre toi et ceux qui ne croient pas en l’au delà, un voile invisible.

Saîd bin DjoubaIr (رحمه الله) rapporte : « Lorsque la Sourate 111 fut révélée, la femme de Abou Lahab vint chercher le Prophète alors que Abou Bakr était assis avec lui.
Abou Bakr (que Dieu l’agrée) dit au Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) : « Je souhaite que tu te mettes de coté (ou que tu t’en ailles) comme elle vient chez nous, il se peut qu’elle t’agresse ».
Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) dit : « Il y aura un écran entre elle et moi ». Ainsi, elle ne le vit pas.
Elle dit à Abou Bakr : « Ton compagnon récite de la poésie contre moi ».
Abou Bakr lui dit : « Par Dieu Il ne dit pas de la poésie ».
Elle dit : « Crois tu en cela ? ».
Puis elle s’en alla.
Abou Bakr dit : « Ô Messager de Dieu ! Elle ne t’a pas vu » !
Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) dit : « Un Ange s’est interposé entre elle et moi ». (Abou Ya’la)

Al-Qourtoubi rajoute : « Si un vrai croyant (pur monothéïste) récite ce verset 45 de la sourate 17 contre un mécréant, ce dernier ne le verra pas ».

57. Ceux qu’ils invoquent, cherchent [eux-mêmes], à qui mieux, le moyen de se rapprocher le plus de leur Seigneur. Ils espèrent Sa miséricorde et craignent Son châtiment. Le châtiment de ton Seigneur est vraiment redouté.

D’après ‘Abdoullah Ibn Mas’oûd (que Dieu l’agrée), ce verset : {Ceux qu’ils invoquent, cherchent (eux-mêmes) à qui mieux, le moyen de se rapprocher le plus du Seigneur}. évoque un groupe des djinns qui étaient adorés et qui embrassèrent l’islam, tandis que ceux qui les adoraient, continuaient à les adorer, ces djinns se convertirent à l’islam. (Mouslim n°5356)

64. Excite, par ta voix, ceux d’entre eux que tu pourras, rassemble contre eux ta cavalerie et ton infanterie, associe-toi à eux dans leurs biens et leurs enfants et fais-leur des promesses ». Or, le Diable ne leur fait des promesses qu’en tromperie.

Excite, par ta voix

Moujahid (que Dieu lui fasse miséricorde) dit : sa voix signifie la chanson et la parole inutile.

65. « Quant à Mes serviteurs, tu n’as aucun pouvoir sur eux ». Et ton Seigneur suffit pour les protéger!

Al-Hassan al-Basri dit : « Dieu leur donne un pouvoir sur certains et ne leur donne aucun pouvoir sur d’autres; ils ne peuvent rien entreprendre sur personne sans la permission de Dieu comme le dit le Très Haut. Satan incarne le djinn mécréant qui peut avoir pouvoir sur des croyants à cause de leurs péchés et de leur éloignement de la mention du nom de Dieu et de l’adhésion à Son unicité et la sincérité dans le culte qui Lui est voué. Quant aux serviteurs pieux de Dieu, Satan n’a aucun pouvoir sur eux comme le dit le Très Haut : {Quant à Mes serviteurs, tu n’as aucun pouvoir sur eux. Et ton Seigneur suffit pour les protéger!.} (17/65). Avant l’Islam, les Arabes connaissaient très bien cette affaire et l’invoquaient dans leur poésie. C’est ainsi qu’Al-Aacha assimilait sa chamelle énergique à un fou dans ce vers : « A l’issue d’un voyage nocturne, Elle apparaît comme piquée par un djinn passant » ».

73~75. Ils ont failli te détourner de ce que Nous t’avions révélé, [dans l’espoir] qu’à la place de ceci, tu inventes quelque chose d’autre et (l’imputes) à Nous. Et alors, ils t’auraient pris pour ami intime. Et si Nous ne t’avions pas raffermi, tu aurais bien failli t’incliner quelque peu vers eux. Alors, Nous t’aurions certes fait goûter le double [supplice] de la vie et le double [supplice] de la mort; et ensuite tu n’aurais pas trouvé de secoureur contre Nous.

Al-Qourtoubi (رحمه الله) a dit : « Moujahid et Qatada ont dit ainsi qu’Ibn Abbas dans la version de ‘Ata : « ce verset a été révélé sur la délégation de Thaqif. Ils sont venus chez le prophète (Õáì Çááå Úáíå æÓáã) et lui ont demandé à plusieurs reprises en disant : laisse-nous profiter de nos divinités une année pour prendre les offrandes que les gens lui font, et lorsque nous les aurons prises, nous les détruirons et nous embrasserons l’Islam, afin que notre vallée soit rendue sacrée comme l’a été La Mecque, et que les Arabes reconnaissent notre mérite par rapport à eux. Alors le prophète (Õáì Çááå Úáíå æÓáã) a médité sur ce sujet afin de le leur permettre, puis ce verset a été révélé ».

79. Et de la nuit consacre une partie [avant l’aube] pour des Salat surérogatoires : afin que ton Seigneur te ressuscite en une position de gloire.

Aboû Hourayra (que Dieu l’agrée) demanda au Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) : « Ô Messager de Dieu, qu’est-ce que la position de gloire ? ».
Il répondit en disant : « J’espère que c’est la position où j’intercède pour ma communauté ».

81. Et dis : « La Vérité (l’Islam) est venue et l’Erreur a disparu. Car l’Erreur est destinée à disparaître ».

‘Abdoullah Ibn Mas’ûd (que Dieu l’agrée) a dit : Quand le Prophète entra à La Mecque, – Ibn Abou ‘Omar ajouta : le jour de la Conquête -, il y avait autour de la Ka’ba trois cent soixante idoles. Du bout d’une baguette qu’il tenait à la main, il piqua chaque idole en disant : {La Vérité (l’islam) est venue et l’Erreur a disparu. Car l’erreur est destinée à disparaître.} (17/81)… {La Vérité (l’islam) est venue. Et le Faux (la mécréance) ne peut rien commencer ni renouveler} (34/49). (Mouslim n°3333)

82. Nous faisons descendre du Coran, ce qui est une guérison et une miséricorde pour les croyants. Cependant, cela ne fait qu’accroître la perdition des injustes.

Nous faisons descendre du Coran, ce qui est une guérison et une miséricorde pour les croyants.

Dieu (le Très-Haut) dit : {Ô gens ! Une exhortation vous est venue, de votre Seigneur, une guérison de ce qui est dans les poitrines, un guide et une miséricorde pour les croyants} (10/57)

Dieu (le Très-Haut) a dit : {pour ceux qui croient, il est une guidée et une guérison}. (41/44)

‘Ali (que Dieu l’agrée) a dit : « Le meilleur des médicaments, c’est le Coran ». (As-Souyoûti)

85. Et ils t’interrogent au sujet de l’âme, – Dis : « l’âme relève de l’Ordre de mon Seigneur ». Et on ne vous a donné que peu de connaissance.

Abdoullah Ibn Mas’oûd (que Dieu l’agrée) a dit : Pendant que je marchais dans un terrain cultivé en compagnie du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) qui appuyait sa main sur une palme, nous passâmes par un groupe de juifs.Quelques-uns d’entre eux dirent aux autres : « Interrogez-le au sujet de l’âme ».
Ceux-ci répondirent : « Qu’est-ce qui vous porte à lui poser une telle question? Il se peut que vous recevrez une réponse qui vous déplaira ».
– « Interrogez-le quand même ».
Enfin quelques-uns d’entre eux allèrent l’interroger au sujet de l’âme.
Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) garda le silence et ne répondit point. Alors, poursuivit le transmetteur, je compris qu’il allait recevoir une révélation et je quittai l’endroit où j’étais. Quand le Prophète reçut la révélation, il récita ce verset : {Et ils t’interrogent au sujet de l’âme, – Dis : « L’âme relève de l’Ordre de mon Seigneur ». Et on ne vous a donné que peu de connaissance.}. (Mouslim n°5002)

97. Celui que Dieu guide, c’est lui le bien-guidé et ceux qu’il égare… tu ne leur trouveras jamais d’alliés en dehors de Lui et au Jour de la Résurrection, Nous les rassemblons traînés sur leur visages, aveugles, muets et sourds. L’Enfer sera leur demeure : chaque fois que son feu s’affaiblit, Nous leur accroîtrons la flamme ardente.

au Jour de la Résurrection, Nous les rassemblons traînés sur leur visages

On a demandé au Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) : « Comment un mécréant réssuscitera-t-il sur son visage le jour de la Résurrection ? »
Il répondit : « Celui qui l’a fait marcher sur ses pieds ici-bas n’est-Il pas capable de le faire marcher sur son visage le jour de la Résurrection ? ». (Mouslim)

110. Dis : « Invoquez Dieu, ou invoquez le Tout Miséricordieux. Quel que soit le nom par lequel vous l’appelez, Il a les plus beaux noms. Et dans ta Salat, ne récite pas à voix haute; et ne l’y abaisse pas trop, mais cherche le juste milieu entre les deux ».

D’après Ibn ‘Abbâs (que Dieu l’agrée), Ces paroles divines : {Dans ta prière, ne récite pas à voix haute; et ne l’y abaisse pas trop}, furent révélées alors que l’Envoyé de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) professait l’Islam en sourdine à La Mecque. Quand il célébrait la prière avec ses compagnons, il élevait la voix en récitant le Coran. Les polythéistes, l’entendant, blasphémaient le Coran, Celui qui l’avait révélé et celui qui le transmettait. Aussi Dieu dit-Il à Son Prophète : Dans ta Salâ, ne récite pas à voix haute pour que les polythéistes n’entendent pas ta récitation et… ne l’y abaisse pas trop pour que tes compagnons puissent t’entendre. Mais cherche le juste milieu entre les deux; c’est-à-dire fait en sorte que ta voix en récitant ne soit ni très haute ni très baisse. (Mouslim n°677)

‘Aïcha (que Dieu soit satisfait d’elle) a dit : Dans ta Salâ, ne récite pas à voix haute; et ne l’y abaisse pas trop, Ce verset a été révélé au sujet des invocations (dans la prière). (Mouslim n°678)


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