Comment l’esprit du croyant réalise les vérités du Coran

L’homme possède un corps physique, un corps grâce auquel il peut se mouvoir et se déplacer. De même, il est doté d’un cœur grâce auquel le sang va irriguer tous ses organes et leur apporter la vie grâce au réseau des veines et des artères, des capillaires…

C’est grâce à ce système que l’homme est à même d’exercer ses cinq sens, voir, toucher, entendre, sentir et goûter, ainsi que penser, agir et accomplir toutes ses fonctions naturelles.

L’homme est également doté d’un système invisible, non matériel ou physique, dont le bon fonctionnement lui est aussi indispensable que son corps. Bien qu’échappant à la mesure matérielle et à la perception sensible, cette fonction est le principe même du corps. Si ce système marche de façon optimale, l’intelligence s’exerce à merveille, sinon l’homme est comme un mort vivant. Il s’agit de l’esprit, la deuxième dimension définitoire de l’homme, la partie imperceptible aux sens, mais bien repérable dans les actes.

Si le corps se maintient et se développe par une alimentation régulière et variée, l’esprit se développe par une autre variété de « nourritures » qui sont immatérielles, de la même nature que lui-même. L’esprit habite le corps et lui sert de guide. Sa nourriture première est celle que lui offre l’éducation familiale au sein de la famille de ses parents. Il ira ensuite à l’école, fréquentera des amis auprès de qui il complètera son apprentissage du sens de la vie sur terre, fera son entrée dans la vie sociale. Il fréquentera des maîtres et par la suite, il étudiera et apprendra ensuite à penser seul, à exercer son esprit à la compréhension des abstractions et de la haute pensée. Il développera sa connaissance de Dieu et des autres questions spirituelles, par les prières, la lutte contre les passions, le détachement du monde dans la mesure du possible. C’est ainsi que l’esprit renoue avec son origine supérieure. Il se consolidera, évacuera les doutes et forgera sa personnalité, car c’est toujours de l’esprit dont nous parlons quand nous évoquons la personnalité d’un être humain. Tous nos jugements, toutes nos paroles et nos pensées naissent dans l’esprit.

Quand nous communiquons avec nos semblables ou que nous adressons nos prières à Dieu, c’est de notre esprit que nous puisons les significations que la langue va extérioriser et rendre perceptibles aux autres humains présents. L’esprit se manifeste aussi extérieurement par nos mouvements, nos gestes, la rougeur de nos visages quand nous éprouvons de la honte, ou la pâleur quand nous sommes terrifiés, la voix qui change de ton sous la colère et le corps qui tremble quand nous devons prendre une décision grave…

Notre personnalité, l’idée que se représentent les autres à notre sujet provient de cette forme extérieure qu’ils perçoivent de nous. Cette personnalité est susceptible de varier, de s’améliorer, de se renforcer au point de susciter l’admiration, l’enthousiasme, la vénération même chez les autres. On loue les gens quand ils font preuve de sang froid…

Comment s’explique ce fait ? D’où vient le fait que l’esprit est susceptible de se renforcer, de s’améliorer ? D’où viennent les idées ? Ce sont des questions que les grands savants et penseurs se sont posées et auxquelles ils ont apporté des réponses plus ou moins satisfaisantes.

La personnalité présente deux aspects : un aspect « technique » qui consiste dans l’intelligence mesurable par des tests, le Q.I (1) ou les tests de Rorschach (2) ou d’autres moyens imaginés par la psychologie moderne. Le second aspect qui n’est pas moins important est celui de l’éducation, de la personnalité proprement dite. En d’autres mots, on peut être un génie dans les sciences exactes et se comporter comme une brute envers ses congénères.

Cette situation se produit parce que l’homme n’est pas une machine, un robot. C’est un esprit dans un corps. Le corps est un moyen très efficace pour l’esprit quand il lui obéit. Il est une source de déséquilibre quand il est dominé par lui.

Comme l’esprit est dans le corps, qu’il en est l’âme, – ce qui l’anime -, il fait sans cesse face à des alternatives, des choix. En d’autres termes, le chemin ne lui est pas tracé une bonne fois pour toutes : il doit sans cesse le retrouver, tiraillé par les passions, trompé par ses sens.

Les grands hommes, prophètes, saints et penseurs ont établi cela et ont exprimé des règles de conduite pour parvenir à la perfection dans ce domaine, au bonheur relatif. Leur exemple ne peut pas être imité à la façon dont les acteurs jouent leur rôle dans une pièce de théâtre. Ce serait trop simple. Chacun doit trouver seul, expérimenter, juger et décider seul de suivre telle ou telle voie. L’exemple des autres est donné là uniquement comme terme de comparaison, comme repère parfois. Savoir que tel et tel homme sont passés par telle étape est en effet encourageant.

Lorsque l’homme parvient à des étapes supérieures, il devient capable de contempler les réalités telles qu’elles sont, sans le voile des illusions. Il atteint la connaissance certaine, accède à la foi inébranlable. Une célèbre tradition enseigne que le serviteur de Dieu, en se rapprochant de Lui par les œuvres pieuses, atteint un statut où sa main devient Celle de Dieu, son oreille Celle de Dieu, son regard Celui de Dieu… (3)

C’est une station qui résulte de l’imitation de Dieu, c’est-à-dire de l’obéissance à Ses Lois. Il obtient alors un statut particulier que décrit ainsi cette parole de l’Envoyé de Dieu (s) « Craignez la perspicacité (4) du croyant ! Car le croyant regarde avec la lumière de Dieu (5) ».

Le croyant obtient cette station, ce pouvoir, en récompense de ses efforts pour se libérer des passions, de la colère, de la jalousie, de l’avarice et autres nombreuses maladies de l’âme. Il s’est corrigé pour se placer sous l’éducation de Dieu et des prophètes. Il a eu une grande ambition spirituelle : rendre à l’esprit toute sa noblesse innée que lui dispute le corps. Les passions n’interfèrent plus dans son savoir. Il voit les choses comme Dieu veut qu’il les voie.

Si son cœur s’arrête de battre, son corps meurt évidemment aussitôt et commence à pourrir, à cause de la fonction cardinale qu’il joue dans le maintien de la vie.

L’homme possède un autre cœur subtil, spirituel, qui est le siège des sentiments et de la connaissance et qui joue le rôle de garant de l’esprit : lorsqu’une idée traverse l’esprit, elle peut être considérée comme bonne ou neutre, si le cœur y réagit sans douleur ni dégoût. Autrement, le cœur physique manifeste sa désapprobation par un changement de son rythme ou une « douleur ». En français, on dit d’une parole qui déplait : elle fait mal au cœur ou ta parole me blesse ou me fend le cœur !

Si le cœur est pur, il jouera toujours cette fonction de rappel, de mise en garde. Mais si l’homme ne prête plus attention aux signaux de son cœur et qu’il en devient sourd, le cœur finit par cesser de lancer l’alerte, en vertu du principe que c’est la fonction qui crée l’organe. L’homme s’égare alors de plus en plus jusqu’à oublier son origine céleste, son Dieu et ses semblables.

Même si en apparence son corps continue de vivre et qu’il accomplit ses fonctions naturelles. C’est la raison pour laquelle la tradition veut que lorsqu’on veut entreprendre quelque chose, on consulte son cœur.


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