Amour du Coran et proximité divine
Notre familiarité avec les notions subjectives ou des présupposés sociologiques que nous employons dans notre vie quotidienne nous induisent pour la plupart en erreur. Ils font que les termes de la culture islamique sont souvent déviés ou détournés de leurs sens initial pour recevoir une signification subjective et conventionnelle. Quand nous employons le terme de « proximité » (qorb) en dehors du contexte sociologique, nous l’envisageons dans son acception réelle. Par exemple, nous affirmons qu’à proximité de cette montagne, il existe une source, ou bien que nous nous sommes rapprochés de cette montagne. Dans ces cas, nous parlons de la proximité réelle. C’est-à-dire que nous avons estimé la distance qui nous sépare de la montagne, et au moyen de l’adjectif proche, nous disons que cette distance, qui est aussi une réalité et non une convention, est devenue moindre.
Mais lorsque nous disons qu’Untel a obtenu un rang social qui le rend proche d’un autre Untel, ou que nous disons qu’une personne a obtenu un statut de proche auprès d’une autre personne grâce aux services rendus, quelle est alors ici notre intention ?
Par exemple, était-il auparavant à 500 mètres et n’est-il plus désormais qu’à 100 mètres de lui ?
Bien sûr que non. S’il en était ainsi, un domestique qui travaillerait dans la chambre de son maître serait plus proche de lui que n’importe quelle autre personne.
Notre intention est de dire que l’employé est devenu proche de son employeur suite aux bons et loyaux services qu’il lui a rendus et qui ont reçu l’agrément de son employeur. Et ainsi désormais, ce dernier lui prêtera plus d’attention et se montrera davantage bienveillant à son égard. Et dans ce cas, l’emploi du terme proximité aura valeur de figure, de métaphore et non de sens propre, réel. Il n’est pas question ici de proximité physique ou spatiale entre deux personnes, mais de la relation abstraite d’estime réciproque entre l’employeur et son employé. Et les effets de cette relation spéciale entre les deux sont appelés « proximité » au sens figuré.
Comment alors est la proximité à l’égard de l’Essence divine ? S’agit-il d’une proximité réelle ou d’une proximité figurée, métaphorique ? Est-ce que les croyants agissant avec obéissance, adoration, sincérité envers Dieu s’élèvent réellement vers le ciel et se rapprochent de Lui ? La distance qui les sépare de Dieu diminuerait-elle au point qu’il n’y ait plus de distance, et comme dit le Coran, que s’opère alors la « rencontre avec Dieu » (liqâ Allah) ? ou bien faut-il penser que toutes ces expressions sont à prendre comme des images se servant des sens réels des mots pour désigner des réalités que l’on ne peut pas exprimer autrement ?


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