La question qui se demande à quoi sert la philosophie, et d’une manière générale les autres questions du même type semblent être propres à notre époque, car aujourd’hui tout ce qui est doit servir à quelque chose, être consommé et produire des effets. Cependant, de quelle efficacité s’agit-il et à quoi revient-elle ? Lorsque l’on demande à quoi sert la philosophie, voici ce que cela dénote :

1- L’existence s’est changée en accident.

2- L’ordre des choses est déterminé selon leur valeur.

3- Même dans le cas où cet ordre en vient à être troublé, la chose que l’être humain a employée et consommée n’est pas prise en compte. Rapport entre philosophie et application

La physique n’est pas séparée de la technique et par conséquent, personne ne demande à quoi elle sert, même si sur un certain plan, le niveau d’enseignement de la physique présente une grande différence avec celui de l’industrie et de la technique, aussi les savants ne parviennent-ils pas toujours à tirer profit de leurs connaissances. Pourtant, du fait que la physique a d’une manière générale une valeur technique et se présente foncièrement comme une science appliquée, il n’est pas nécessaire que nous nous demandions à quoi elle sert. Si dans certains pays la physique ou les autres savoirs n’ont pas le rendement qu’ils devraient avoir, c’est parce qu’ils ne se trouvent ni à leur place ni dans leur univers. De fait, il est possible qu’un savant bengali, syrien ou iranien accomplisse des travaux importants aux Etats-Unis ou en Europe occidentale, alors que dans son propre pays il ne parvient pas à être aussi efficient qu’il le devrait en matière de recherche scientifique et de développement scientifique et technique. C’est justement dans ce cas de figure que les politiciens et les savants doivent s’interroger sur la fonction de tels savoirs, or cette question est moins souvent formulée.

Lorsqu’une science dont le rang suppose une application et une efficacité perd de son efficience et que personne ne demande à quoi cela est dû, le fait de s’enquérir sur l’utilité de la philosophie prend un sens tout particulier. Il se peut que celui qui s’interroge ainsi sache quels savoirs et quelles sciences peuvent être applicables et efficients, et qu’il sache également que la philosophie ne fait pas partie de leur catégorie, et qu’il ait même découvert sous quelles conditions les savoirs appliqués cessent d’être applicables. Dans ce cas, la question qu’il pose témoigne de sa vivacité d’esprit et de son intention d’avancer.

Seulement parfois, sans prêter attention aux degrés, certains pensent que tout ce qui est doit « servir », et que tout ce qui ne sert pas doit être rejeté. Ainsi, lorsque ceux-ci demandent à quoi sert la philosophie, il est probable qu’ils se demandent en réalité pourquoi on ne s’en débarrasse pas. En vérité, si la philosophie n’est pas efficace, pourquoi tous ces gens s’y opposent-ils ? Pensent-ils qu’il s’agit là de futilités ? Il existe quantité de futilités auxquelles personne ne s’oppose. En outre, s’ils ne s’opposent pas ces futilités, ils ne s’en détournent pas non plus. Non, la philosophie n’est pas futile ; mais si nous affirmons cela, tout en acceptant qu’elle ne serve pas à la vie quotidienne, il nous faut réfléchir et nous demander d’où cette idée provient, quel rapport cela a avec moi et quelles en sont les conséquences en ce qui me concerne.

alhassanain.com


more post like this